| |

Manuel
Litran
"La
zone rouge, 50 ans après la bataille de Verdun"
10 août > 20 septembre 2007
En 1966, soit cinquante ans après la bataille de Verdun,
qui, avec ses milliers de morts, reste un des désastres
de la Grande Guerre, Manuel Litran part en arpenter ses "champs
d'honneur" pour le compte de Paris Match en compagnie de
François Luizet. Des fils de fer barbelés délimitent
une zone interdite pour cause de danger de mort. Bravant l'interdiction,
le tandem s'aventure sur des terres abandonnées, où
la végétation peine à repousser. La guerre
est partout présente : trous d'obus, tranchées remplies
d'eau de pluie, bidons, fusils, casques allemands et français,
autant de débris oubliés, et que la terre n'a pas
engloutis. Manuel Litran photographie en couleur ces traces, sans
chercher à identifier précisément des lieux,
qui offrent le même sentiment de désolation et de
mort. De cet itinéraire, le photographe n'a conservé
qu'une ligne tracée sur une carte d'état major au
1/25 000e. Le trajet, qui suit différents chemins autour
du fort de Douaumont, passe par des villages détruits en
1916 et jamais reconstruits : Louvement-Côte-du-Poivre,
Beaumont-en-Verdunois, Ornes, Bezonveaux. Les arbres plantés
à la fin des années 1920 ont aujourd'hui fini par
pousser dans cette Zone rouge, autour de vastes clairières,
où les jeux, les pique-niques, la musique restent interdits
et où des panneaux signalent l'emplacement de chacun des
neufs villages "morts pour la France".
Manuel Litran a étudié la peinture à
l'école des Beaux-Arts en Algérie, où il
est né. Il s'initiait à la photographie avec son
père. En 1952, il s'est installé à Paris.
Il est entré d'abord au laboratoire de Paris Match avant
d'être embauché comme reporter dans cet hebdomadaire,
en 1954. Il a quitté cet hebdomadaire quatre ans plus tard
pour Jour de France et pour revenir à Paris Match en 1960
et y rester jusqu'en 2000. Durant ses quarante années de
prises de vues, Manuel Litran a imposé l'usage de la chambre
grand format pour photographier des personnalités du monde
du spectacle et de l'actualité dans leur environnement
familier. Il compte également de très nombreux reportages
commandés par l'hebdomadaire. Au sein de cette production,
un reportage dénote, qui invite au recueillement.
|
|