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Gautier
Deblonde
"Arctique"
10 août > 20 septembre 2007
Svalbard,
2003-2006
L’archipel a été
découvert en juillet 1596 par l’explorateur hollandais
William Barents qui recherchait une route du nord pour la Chine.
Il pensait que ces îles appartenaient au Groenland et les
baptisa Spitsbergen ( les montagnes à la pointe aiguisée).
Le nom actuel de Spitsbergen (du moins depuis que les norvégiens
ont acquis la souveraineté de l’île en 1925)
est Svalbard (la côte froide).
C’est grâce à une commande que j’ai éffectué
mon premier voyage dans ces îles, il y a 3 ans. Je connaissais
à peine leur nom et j’aurais certainement eu du mal
à placer cet archipel sur la carte, à 800 km du
pôle Nord…
Ma surprise fut de taille lorsque je me suis trouvé pour
la première fois devant ces paysages. Voyager dans d’autres
continents est évidemment dépaysant. Mais se retrouver
à Svalbard, c’est changer d’univers.

Nous perdons rapidement toute notion de lieu et de temps, il fait
continuellement jour pendant 6 mois de l’année et
la nuit est totale pendant 4 mois, au point qu’il devient
difficile de définir le jour et l’heure qu’il
est.
La
lumière est certainement ce qui fait l’identité
de Svalbard. Elle peut briller et éclairer avec une extrême
netteté, mais très vite, elle peut devenir diffuse,
douce, indécise, sombre. Elle joue avec ces paysages monochromes,
et offre une palette de couleurs restreinte, mais si riche.
D’une photographie à l’autre, la lumière
change et accentue l’impression que tout est toujours à
recommencer.
C’est un appel aussi.
Et si ce premier voyage m’a fait découvrir un monde
que je ne pouvais soupçonner, il me fallait y retourner.
Je l’ai fait 5 fois en 3 ans.
C’est là que j’ai rencontré différentes
communautés, comme à Barenstburg, village minier
Russe existant depuis 1932, le dernier en Arctique. A son apogée
plus de 1500 habitants y vivaient. Depuis, une certaine mélancolie
s’est emparée du village, et lors de mon passage
en mars 2005, ils n’étaient plus que 600. Cet été,
faute de charbon à extraire, le nombre d’habitants
était encore divisé par deux. La seule école
a été fermée. Barenstburg vit ses dernièrs
jours.

En octobre 2006, Ny-Alesund fut ma nouvelle destination. Ancien
village minier, il est devenu maintenant une référence
dans le monde des sciences: 30 scientifiques en hiver et jusqu’à
100 en été y vivent. Ils sont tous là pour
calculer, mesurer les changements climatiques et atmosphériques,
étudier la faune, la flore et la vie marine.
Les résultats ne sont pas toujours bons…
A l’image de Barenstburg, Svalbard vit peut être ses
derniers jours.
Ces terres si dures et si fragiles à la fois, sont victimes
du réchauffement climatique: elles changent inexorablement.
L’essayiste américaine Gretel Ehrlich les appelles
“The Vanishing Landscapes”, les paysages qui disparaissent.
Gautier Deblonde, décembre 2006. ( extrait du Monde2
)
Gautier Deblonde est né à Rouen, et s’est
installé à Londres en tant que photographe, en 1991.
Une serie de ses portraits d’artistes a été
publiée par La Tate Gallery en 1999. Il a travaillé
avec le scuplteur Australien Ron Mueck (exposé a la Fondation
Cartier en 2005) lors de la fabrication de “Boy”.
Cette serie d’images a été publiée
par Anthony d’Offay Gallery lors de la Bienalle de Venise,
et a gagné le 1er prix “histoire section art”
au World Press 2001. En 2002 il a collaboré avec la réalisatrice
Ecossaise Lynne Ramsay sur le fim “Morvern Callar”
et a publié un livre du même titre (Screenpress 2002).
Ses images ont été exposées à la National
Portrait Gallery, Tate Britain, Tom Blau Gallery, La Chambre Claire.
En tant que portraitiste, son travail est publié dans la
presse internationale.
Il finit actuellement deux projets de livres sur L’arctique
et les ateliers d’artistes. Il vit maintenant entre Londres
et Lille.
www.gautierdeblonde.com
Remerciements :
Cape Farewell - www.capefarewell.com
David Buckland
nb pictures
Monde2
The Telegraph
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