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" LA COLLECTION TRANSPHOTOGRAPHIQUES " - POZNAN 2008

    Regards sur la Création française et Internationale - du 1er février au 2 mars 2008
  Entrons dans les TRANS…
PHOTOGRAPHIQUES
 

Texte : Marta Eloy Cichocka


La galerie Stary Browar de Poznan et la Fondation Kulczyk présentent la Collection « Transphotographiques », une exposition rétrospective proposant une sélection d’oeuvres significatives issues de l’ensemble des éditions des Transphotographiques, festival organisé chaque année à Lille depuis le début du XXIe siècle.


D’ici quelques instants, mon cher lecteur va probablement m’accuser de donner foi à toute une série de stéréotypes. Néanmoins, il me semble difficile d’ôter aux Français trois traits significatifs : un goût certain pour la cuisine, un sens inné de l’organisation (tant d’une prochaine révolution que d’un championnat de football !), et un incontestable penchant pour les jeux de mots et de langue. S’agissant du festival Transphotographiques, je retrouve au moins deux de ces caractéristiques : sa dénomination aussi diabolique que l’ardeur visionnaire de son équipe.

Le néologisme définissant le festival débute par le préfixe trans-, induisant instantanément un rapport avec la notion de changement, de déplacement, de décalage, de transfert ou encore d’intersection au sein d’un espace donné. On y devine dynamisme, énergie et une incontestable puissance, de même que pour tous les mots qui commencent ainsi. Par exemple : transformation (changement et métamorphose), transgression (violation de limites, notamment de règles morales), translation (déplacement, traduction), transfiguration (métamorphose, mutation, embellissement), transcendance (qui postule l’existence d’une réalité extérieure à l’être matériel ou aux limites de la perception humaine), etc.


Or, le néologisme « transphotographiques », utilisé dans le contexte d’un festival international de photographie, se situe encore, sans aucun doute, dans les limites de la perception humaine. Il semble que son but principal soit de rompre avec le stéréotype des expositions de photographie contemporaine, et de dépasser les notions de différences de milieux ou encore de divisions géopolitiques. Lille n’a pas été choisie par hasard – la capitale du Nord est une ville de caractère, au riche passé industriel, traditionnellement de gauche et bienveillante face à l’émigration (par ailleurs, de nombreux descendants des familles minières polonaises y vivent encore aujourd’hui; il ne faut pas oublier non plus que « la fête de la soupe », célébrée avec faste dans le quartier Kazimierz à Cracovie, est une tradition venue tout droit de Wazemmes, un quartier coloré de Lille).


Pour en revenir au festival, il a été créé à l’initiative d’Olivier Spillebout, son actuel directeur, homme énergique et charismatique, qui possède l’avantageuse capacité de savoir choisir avec discernement ses collaborateurs, et lui permet de faire voguer le navire des Transphotographiques vers des ports et des escales de plus en plus intéressants. Depuis ses débuts en 2001, le festival a pour ambition de concurrencer les illustres Rencontres Photographiques d’Arles (organisées depuis à peu près 40 ans !). Aujourd’hui, Lille a incontestablement trouvé sa place dans l’agenda des événements photographiques incontournables de France, d’Europe et du monde. Sept ans d’existence des Transphotographiques ont permis de revitaliser la ville et sa région – y compris l’eurorégion, une partie des expositions du festival étant en effet présentées en Belgique. Mais le phénomène signé trans- a également eu un impact important en Pologne. Je dois avouer que lorsque Olivier Spillebout m’a dévoilé en 2004 son projet de créer en Pologne un festival photographique qui pourrait relier la région entière de Trójmiasto, je n’y ai pas apporté plus de considération qu’aux élucubrations d’un rêveur. Cependant, le festival Transfotografia de Trójmiasto, petit frère des Transphotographiques, a effectivement vu le jour deux ans plus tard. Ainsi, le PhotoMonth de Cracovie, le Fotofestival de Lódz ou le Foto Art Festival de Bielsko-Biala ont d’ores et déjà un concurrent d’importance, doté de puissants liens internationaux.

L’exposition rétrospective des œuvres de la Collection des Transphotographiques et de la Maison de la Photographie de Lille permet d’évoquer la spécificité de chacune des éditions du festival. La star des Transphotographiques 2001 était sans conteste Willy Ronis. L’édition suivante était dominée par la photographie féminine incarnée par sa marraine Sabine Weiss ; parmi les artistes présentées se trouvaient trois représentantes de la Pologne (et également de l’Ecole des Beaux-Arts de Cracovie) : Agata Pankiewicz (enseignante de la section Photographie et Multimédia), Anita Andrzejewska (diplômée de l’Ecole) et Sylwia Kowalczyk (récipiendaire de l’Ecole). En 2003, les organisateurs ont renoncé au choix d’une thématique centrale, pour miser sur la diversité des traditions, de l’esthétique et du style. Peter Lindbergh, l’un des photographes de mode les plus connus, était le parrain de cette édition. Son exposition à Lille était intitulée « Images of Women » - du titre de l’album légendaire de cet artiste allemand, comprenant 300 pages qui résumait 10 ans de sa collaboration avec les plus célèbres créateurs de mode et les plus beaux mannequins. Je me souviens toujours du texte que Lindbergh avait écrit sur les questions de créativité et d’expression de soi dans l’essai qui accompagnait son exposition : Certaines personnes sont faites pour créer et s’exprimer, d’autres sont faites pour penser et analyser. Mais au final, elles peuvent toutes être aussi créative si elles ont le désir de voir quelle place elles occupent dans le monde de leurs expériences.


Les éditions suivantes, organisées avec un enthousiasme grandissant, ont conduit à Lille de grands noms de la photographie, tels William Klein, Bogdan Konopka ou Paolo Roversi. D’un point de vue plus personnel, l’édition la plus émouvante et importante fut pour moi le festival 2005, auquel j’ai participé en tant qu’artiste. J’ai pu constater à quel point l’équipe des Transphotographiques est unie et chaleureuse ; j’ai également remarqué l’endurance avec laquelle chacun supportait son épuisement et l’épreuve d’accrocher les œuvres jusqu’au petit matin – mais aussi avec quelle joie le soir tous dînent ensemble : d’Anne de Mondenard, commissaire générale du festival, au chauffeur polonais, qui avait amené de Cracovie les photos de Weronika Lodzinska et Andrzej Kramarz. Avant d’achever ce texte, je voudrais m’arrêter un instant sur cette touche cordiale et humaine. Je tiens en effet à remercier tous les gens formidables qui co-réalisent les Transphotographiques et tous les artistes extraordinaires, parmi lesquels se trouvent : Peter Lindbergh, Willy Ronis, Thibault Cuisset, William Klein, Sabine Weiss, Denis Rouvre, Yan Tomaszewski, Bogdan Konopka, Leszek Pekalski, Agata Pankiewicz, Andrzej Kramarz et Weronika Lodzinska et dont les œuvres font partie de la collection rétrospective qui résume sept ans d’existence du festival. Par ailleurs, ce dernier fêtera bientôt son 10e anniversaire : on peut être sur que cette édition-rétrospective ne manquera pas d’occasion de nous procurer des émotions fortes.

Marta Eloy-Cichoka

     
   
  Wejdzmy glebiej w TRANS…
PHOTOGRAPHIQUES

tekst: Marta Eloy Cichocka


Poznanski Stary Browar i Kulczyk Foundation goszcza kolekcje "Transphotographiques", retrospektywna wystawe stanowiaca selekcje najwazniejszych dziel pokazywanych w ramach dotychczasowych edycji festiwalu Transphotographiques, odbywajacego sie corocznie we francuskim Lille od zarania XXI wieku.


Byc moze za sekunde laskawy czytelnik posadzi mnie o operowanie seria stereotypów – ale, moim zdaniem, trudno byloby odmówic Francuzom trzech cech charakterystycznych dla tej milej nacji: smykalki do kucharzenia, zdolnosci organizacyjnych (czy to bedzie nastepna rewolucja – czy kolejne mistrzostwa w pilce noznej!), tudziez slabosci do gierek slownych i zabawy z jezykiem. Gdy mowa o festiwalu Transfotographiques, na mysl przychodza mi co najmniej dwie z nich: jego nazwa jest równie szatanska, co wizjonerski rozmach tworzacej go ekipy.

Neologizm, którym ochrzczono festiwal zaczyna sie bardzo od przedrostka trans-, wskazujacego natychmiast na zwiazek z jakas zmiana, przemieszczeniem, przesunieciem, przeniesieniem lub z przecieciem jakiegos obszaru. Czuc tu niezaprzeczalny potencjal dynamiki i energii, jak zreszta we wszystkich innych slowach, które zaczynajac sie w ten sposób. Dla przykladu: transformacja (przemiana i metamorfoza), transgresja (przekroczenie granic, zwlaszcza norm moralnych), translacja (przeklad, tlumaczenie), translokacja (przeniesienie na inne miejsce), transfiguracja (przybranie innej postaci, przeobrazenie, przeistoczenie), transcendencja (wskazujaca na istnienie poza granicami bytu lub poza granicami ludzkiego poznania), etc.


W granicach ludzkiego poznania lezy z pewnoscia neologizm "transphotographiques" uzyty w kontekscie miedzynarodowego festiwalu fotografii. Glównym celem wydaje sie tutaj przelamanie pewnego stereotypu dotyczacego prezentacji wspólczesnej sceny fotograficznej – ponad podzialami srodowiskowymi, politycznymi czy geograficznymi. Nie przypadkiem padlo akurat na Lille, stolice pólnocnej Francji, miasto specyficzne, przemyslowe i lewicujace, przyjazne emigrantom (nawiasem mówiac: stosunkowo liczni sa tam potomkowie polskich rodzin górniczych; warto tez wspomniec o tym, ze hucznie obchodzone na krakowskim Kazimierzu "swieto zupy" polaczone z konkursem to tradycja przeniesiona prosto z Wazemmes, kolorowej dzielnicy Lille).


Wracajac do festiwalu fotografii - jest on inicjatywa przebojowego i charyzmatycznego Oliviera Spillebouta, którego szczesliwa reka w doborze wspólpracowników pozwala mu od siedmiu lat prowadzic ster Transphotographiques w kierunku coraz to ciekawszych portów. Powstaly w 2001 roku festiwal mial natychmiast ambicje konkurowac ze slynnymi na caly swiat Rencontres Photographiques w Arles (odbywajacych sie od lat prawie czterdziestu). Dzisiaj miejsce Lille na fotograficznej mapie Francji, Europy i swiata nie podlega juz watpliwosci. Siedem lat istnienia Transphotographiques pozwolilo nie tylko na ozywienie miasta, regionu, a w koncu i euroregionu (czesc wystaw odbywa sie juz w Belgii), lecz równiez na to, zeby bakcyla spod znaku trans- zalapali równiez fani fotografii w kraju nad Wisla. Musze szczerze wyznac, ze gdy w 2004 roku Olivier Spillebout roztaczal przede mna wizje stworzenia w Polsce festiwalu fotograficznego, który swoim zasiegiem razenia ogarnalby cale Trójmiasto - jego slowa brzmialy w moich uszach jak rojenia fantasty. A jednak w 2006 roku narodziny trójmiejskiej Transfotografii, mlodszej festiwalowej siostry Transphotographiques, staly sie faktem. Kraków z Miesiacem Fotografii, Lódz ze swoim Fotofestiwalem czy Bielsko i jego Foto Art Festival maja odtad nad brzegiem morza rosnaca konkurencje o miedzynarodowym zapleczu.

Retrospektywna wystawa fotografii z kolekcji Transphotographiques i utworzonego w Lille Domu Fotografii (Maison de la Photo) pozwala przypomniec sobie specyfike poszczególnych edycji festiwalu. Gwiazda Transphotographiques 2001 byl niewatpliwie Willy Ronis. Kolejna edycje zdominowala fotografia kobiet, patronowala jej Sabine Weiss, a wsród zaproszonych artystek byly trzy przedstawicielki Polski (i krakowskiej ASP): Agata Pankiewicz (adiunkt Katedry Fotografii i Intermediów), absolwentka Anita Andrzejewska i dyplomantka Sylwia Kowalczyk. W 2003 roku zrezygnowano z tematu centralnego i postawiono na jak najwieksza róznorodnosc konwencji, estetyki i stylu. Festiwalowi patronowal Peter Lindbergh, jeden z najbardziej znanych na swiecie fotografów mody. Jego wystawa w Lille nosila nazwe Images of Women – i byl to równoczesnie tytul legendarnego 300-stronicowego album niemieckiego artysty, podsumowujacego 10 lat jego wspólpracy z najslynniejszymi kreatorami mody i z najpiekniejszymi modelkami. Do dzis pamietam, jak w towarzyszacym wystawie eseju Lindbergh rozwazal kwestie kreatywnosci i ekspresji wlasnego ja: Jedni sa jakby stworzeni do tego, by tworzyc i wyrazac siebie. Inni stworzeni sa do tego, by myslec i analizowac. Ale w sumie moga byc równie kreatywni, jezeli tylko towarzyszy im pragnienie, by dostrzec swoje miejsce w swiecie wlasnych przezyc...


Kolejne, z coraz wiekszym rozmachem organizowane edycje przywiodly do Lille takie nazwiska i osobowosci, jak William Klein, Bogdan Konopka czy Paolo Roversi. Nie ukrywam, ze szczególnym przezyciem byl dla mnie festiwal w 2005 roku, w którym sama mialam przyjemnosc brac udzial. Zobaczylam wtedy, jak serdeczna i zzyta ze soba jest ekipa Transphotographiques, z jakim wdziekiem wszyscy radza sobie ze zmeczeniem i mordega wieszania prac do póznej nocy – i z jaka radoscia zasiadaja wieczorem do wspólnego posilku: poczawszy od pani kurator Anne de Mondenard, skonczywszy na polskim kierowcy, który wiózl z Krakowa prace Weroniki Lodzinskiej i Andrzeja Kramarza. I na tym serdecznym, ludzkim akcencie pragne sie zatrzymac, by zakonczyc ten tekst. Chce bowiem podziekowac wspanialym ludziom, wspóltworzacym Transphotographiques – i wspanialym twórcom, wsród których sa m.in. Peter Lindbergh, Bettina Reims, Willy Ronis, Thibault Cuisset, William Klein, Sabine Weiss, Denis Rouvre, Yan Tomaszewski, Bogdan Konopka, Leszek Pekalski, Agata Pankiewicz, Andrzej Kramarz i Weronika Lodzinska, a których prace zlozyly sie na retrospektywna kolekcje podsumowujaca siedem lat trwania festiwalu. Wkrótce okragly jubileusz dziesieciolecia: na pewno i na nim nie zabraknie nam okazji do przezyc.

 
     
 

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