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Krzysztof
Gieraltowski
"Dans
l'œil de Gieraltowski"
10 juin > 15 juin 2003
Ce qui m’ amène à
photographier les gens, c’ est la curiosité et la
volonté de m’ intégrer au jeu des individualités
contemporaines.
Je fais des portraits subjectifs ne percevant chez la personne
choisie qu’ un seul trait caractéristique –
l’ impression, et c’ est justement cette propriété
que j’ essaie de visualiser.
Mes photos sont profondément arrimées à la
situation de mes vis-à-vis. Cependant, je suis un ennemi
invétéré d’ un réalisme superficiel
montrant le Monde comme une réalité « découpée
au couteau » par le diaphragme de l’ appareil. Je
crois que le photographe mérite ce nom seulement au moment
où, en se servant de la lumière, du cadre, de la
netteté et de la position de la caméra, il interprète
la réalité.
En règle générale, la photographie peut tout
au plus figer une réalité effectivement existante.
Le photographe se doit d’ être là où
ce « quelque chose » se passe ou bien il doit réaliser
ce « quelque chose » devant la caméra.
Le plus important, dans ma relation avec les photos, c`est d’
obtenir le statut de partenaire: « faisons-le
ensemble » – voilà ce que je propose à
des personnalités illustres.
Le pittoresque discipliné de mes photos devrait capter
l’ attention de mes contemporains, en leur demandant de
réfléchir à comment nous sommes ou peut-être
plutôt, comment devrions-nous être.
Le retard technologique de ma partie du monde m’ obligeait,
de nombreuses années durant, à photographier
en noir et blanc. A l’ époque, cela ne déparait
guère avec les tensions dramatiques des temps passés.
Temps et hommes changeaient, et moi j’ ai acquis la conviction
d’ avoir épuisé les possibilités esthétiques
de la photographie noir et blanc. Dopé par de nouvelles
technologies, je me suis mis à fixer au travers d’
elles mes contemporains aux prises avec notre amère liberté.
Conscient du risque de mes tentatives couleur, c’ est dans
l’ incertitude que je puise mes espérances. Voyez
donc dans ces images plutôt une relation de route que je
parcours qu’ une réalisation définitive.
Soyez critiques, mais « souhaitez-moi du succès ».
Exposition réalisée avec le concours de l’
ENSAM
Exposition de "Infinity"à
l'Ensam à Lille
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