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Stefano
De Luigi
"Pornoland"
du 10 mai < 17 juin 2007
Le sujet, tel que le traite Stefano de Luigi, a quelques similitudes
avec un travail qui a été remarqué récemment,
“The Valley”, de l’Américain Larry Sultan.
On trouve cette même intention de montrer sans montrer,
de photographier les à-côtés, le hors-champ
de tout ce qui constitue les scènes principales du film
pornographique, mais aussi ce qui se passe avant et après.
Les deux photographes jouent de ce décalage. Cela dit,
la comparaison pourrait s’arrêter là, car le
regard de Stefano de Luigi dans son voyage au pays des films pornographiques
est différent, de même que le style photographique
qu’il développe.
En quelques images, on sait de quoi il s’agit, de quoi il
veut parler ; on comprend l’atmosphère dans laquelle
se développe cette industrie particulière du cinéma,
les cadences infernales, l’exploitation des acteurs, la
violence physique et morale ; on perçoit même un
certain désarroi. Ici, il n’y a guère de place
pour le sentiment et à regarder l’ensemble des images
de son livre, on a plutôt l’impression d’être
en présence d’un esclavage moderne, même si
certaines actrices se vantent de faire un métier en prenant
du plaisir. L’excellente enquête du journaliste Martin
Amis qui accompagne le travail du photographe va dans ce sens,
dont ce court extrait : "Et puis ce fut le moment de jeter
son mégot et de se remettre au boulot. Et j'ai bien dit
boulot. Le porno est un art prolétaire."
Stefano de Luigi a opéré avec aisance, dominant
son sujet, restituant ses mouvements, harmonisant le rendu des
couleurs. Le monde de la fabrication des images lui est familier,
il a l’habitude des studios et des tournages, de l’audiovisuel,
ayant déjà longuement travaillé sur le thème
de la télévision.
Exposition de "Pornoland
" au Tri Postal - Avenue Willy Brandt - Lille
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