La
Maison de la Photographie ou l’Office
Général du Papier
Mémoire réalisé par Gaëlle
Cardon
Etudiante à Lille3 en 2e année de master professionnel
"Monde du travail, mémoire et patrimoine"
Ce dossier à été réalisé
pour un cours sur le patrimoine industriel dans le Nord-Pas-de-Calais
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L’Atelier
de la Photo est une association selon la loi de 1901; elle
relève donc du droit privé, ce qui implique
qu’elle n’est pas obligée de déposer
ses archives dans un service public. Fondée en 2001,
elle se fixe pour mission de promouvoir les activités
liées à la photographie, que ce soit à
l’échelle locale comme à l’occasion
d’échanges internationaux. Temps fort des travaux
de l’association, le festival annuel des Transphotographiques
accueille une succession d’expositions, de rencontres
et de stages pratiques pendant les mois de printemps et
d’été, qui rencontre un franc succès. |

En
parallèle, l’Atelier de la Photo a souhaité
entretenir une réflexion et organiser des événements
tout au long de l’année. En 2003, il se dote
d’un espace d’exposition permanent : la Maison
de la Photographie. Il s’agit d’une ancienne
usine à papier réhabilitée, construite
aux numéros 18 et 20 de la rue Frémy, dans
le quartier lillois de Fives. Ce bâtiment n’a
pas fait l’objet de recherches soutenues, et son
histoire est assez peu connue. Le quartier populaire dans
lequel il se trouve a été durement touché
par la désindustrialisation. Or, si la fermeture
de grosses structures, telle l’usine géante
Fives-Cail-Babcock, a suscité de vives émotions,
et le besoin de conserver la mémoire de ces lieux,
les sites plus modestes n’ont pas forcement bénéficié
de cette même prise de conscience.
Il a toutefois été possible d’obtenir
quelques informations sur les premières années
d’existence de l’usine, grâce à
l’annuaire local Ravet-Anceau,
qui contient à la fois les adresses et les professions
des personnes, mais aussi un répertoire des activités
et une brève description des rues mentionnées.
Il signale l’existence d’un Office Général
du Papier, rue Frémy, depuis 1933 et jusqu’en
1973. Avant, cet emplacement est occupé par un
blanchisseur et un ouvrier des chemins de fer. La rue
dont il est question est une « rue particulière,
ouverte en 1857 par Philibert-Joseph Frémy ».
Elle se trouve à proximité du chemin de
fer.
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Historique
Il
semble que la construction d’entrepôts de papiers
dans la rue Frémy ait été lancée
en 1933 par Emile Merveille et M. Degroote, gérants
de l’Office Général du Papier (SARL),
et déjà propriétaires de bureaux et
de locaux de stockage dans le quartier de Fives, rue Pierre
Legrand.
Jusqu’en 1937, un blanchisseur continue de résider
sur place ; l’extension desentrepôts
au numéro 20 de la rue Frémy a sans doute
été exécutée ultérieurement. |
Durant
la période 1931-1937, les activités de l’Office
Général du Papier concernent à la
fois l’acquisition par achat de papiers, d’archives
privées, et de leur destruction, mais aussi leur
recyclage, et a la vente des produits qui en sont issus.
Il réalise du papier destiné au secteur
de l’alimentation (nappes en papier, emballage pour
l’étalage et la confiserie), ainsi que des
articles de papeterie (blocs-notes, rangements)..jpg)
En
1937, les locaux de la rue Frémy changent de propriétaires
et deviennent les établissements A. Ledru et Cie.Lille
compte alors trois ou quatre établissements dont
l’activité repose sur traitement des «
vieux papiers ». L’Office ne s’intéresse
plus alors qu’à la destruction de ces documents
et semble avoir abandonné la production de papiers
spéciaux. Sans doute l’affaire était-elle
moins florissante, car les annonces publiées dans
l’annuaire Ravet-Anceau sont nettement plus petites
que celles émises, plus tôt, par Merveille
et Degroote.
L’entrepôt
fonctionne toujours en 1939, lorsque s’engage la
Seconde Guerre Mondiale. A la fin des combats, soit entre
1947 et 1949 , J. Plantade, négociant en «
vieux papiers » qui résidait au numéro
22 de la rue Frémy, prend la succession de Ledru
et Cie. Il reste gérant des lieux jusqu’en
1960. L’activité semble toutefois connaître
des difficultés dans la seconde moitié des
années cinquante et jusqu’en 1957 : l’encadré
publicitaire de l’entreprise disparaît de
l’annuaire Ravet-Anceau en 1955 puis, l’année
suivante le même ouvrage indique qu’il n’y
a plus rien aux numéros 18 et 20 de la rue Frémy.

Dernier
propriétaire de l’entreprise en activité,
Jean Delmotte exerce les même fonctions que son
prédécesseur jusqu’en 1973.
Lorsque
l’Office Général du Papier cesse de
fonctionner, ses locaux sont repris par un ferrailleur,
André-Maurice Nefroot. Celui-ci ne touche ni au
bâtiment, ni à ce qui se trouve dedans. Avec
le temps, l’ensemble se dégrade peu à
peu.
En
1989, la Communauté urbaine de Lille (CUDL) exercer
son droit de préhension sur l’ancienne
usine pour le compte de la mairie de Lille, qui souhaite
la réaménager. La Ville s’engage
alors à racheter le bâtiment à son
prix de revient. Les conditions de cette rétrocession
sont fixées dans une convention jointe à
la délibération du Conseil de Communauté.
Les propriétaires des locaux sont dédommagés
en fonction d’une estimation des services fiscaux.

Quatre
ans plus tard, le 18 octobre 1993, la mairie de Lille
dépose une demande de permis de démolir
portant sur les dépendances de l’usine, c'est-à-dire
sur les entrepôts commerciaux. Ceux-ci, restés
à l’abandon, sont désormais beaucoup
trop dangereux pour être conservés. Deux
photographies jointes au permis de démolir, montrent
l’importance des dégradations : le toit ainsi
que certains murs ont commencé à s’effondrer.
Par
mesure de sécurité, les ouvertures du bâtiment
encore debout sont murées. Cela ne suffit cependant
pas à empêcher les intrusions : l’usine,
qui reste inutilisée pendant quinze ans, devient
un « squat ». Du gravier est étalé
à l’emplacement des entrepôts détruits.
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En
2001, lorsqu’il devient président de l’«
Atelier Photo », c’est tout naturellement qu’il
envisage de tirer partie du potentiel des lieux pour en
faire une salle d’exposition. Il y réalise
les aménagements nécessaires au fur et à
mesure de ses possibilités.
En
2006, notamment, un architecte est engagé pour créer
de toute pièce un troisième niveau.
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Descriptif
de la Maison de la Photographie
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Surfaces
En
1989, avant la destruction d’une partie des entrepôts,
la Communauté urbaine de Lille avait évalué
la surface totale de l’Office Général
du Papier à 1048 mètres carrés.
A l’origine le bâtiment était construit
sur deux niveaux de taille similaire. Un second étage
a été aménagé en 2006.
Actuellement, le rez-de-chaussée couvre 232 mètres
carrés, et inclut une salle de projection de 31,83
mètres carrés. La cour intérieure mesure
152 mètres carrés.
Le plafond s’élève à 4,26 mètres
de hauteur.
2006/Source : Communauté
urbaine de Lille
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Matériaux principaux
L’usine
est conçue en brique, sur une ossature en béton.
Olivier Spillebout a souhaité toucher le moins possible
au bâtiment, afin de préserver son caractère
industriel. Ainsi, le sol est en béton brut, certaines
cloisons ainsi que le mobilier sont modulables.
Jusqu'à l’ajout d’un troisième
niveau, en 2006, le second étage était partiellement
éclairé par une toiture en verre.
Parcelles 264, 265 et 266 de la commune de Lille, feuille
000 CN 01
Source : www.cadastre.gouv.fr
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Localisation |
Lille,
quartier Fives (59000)
18 – 20, rue Frémy |
Titre courant/ Dénomination
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Office
Général du Papier, Maison de la Photographie,
usine à papier, entrepôts |
| Plan d’Occupation des Sols (POS) |
1975,
zones U et NA |
| Statut juridique |
Propriété
privée |
| Datation |
1933
– [2009] |
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